Dori : Les populations du Sahel à travers une marche pacifique réclament plus de sécurité

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La Coalition des organisations de la société civile et des syndicats de la région du Sahel a organisé, le samedi 27 août à Dori, une marche pacifique pour réclamer plus de sécurité et de meilleures conditions de vie.

Partis du rond-point Arba-Diallo, les manifestants, munis de pancartes, ont arpenté les artères de la ville jusqu’au gouvernorat de Dori. Pour les marcheurs, la situation sécuritaire et humanitaire dans la région du Sahel connaît une forte dégradation ces dernières semaines. Plusieurs villes, voire des provinces, sont entièrement sous blocus terroriste.

Dans ces localités, les populations ne doivent leur survie qu’a des convois irréguliers et à l’aide des Organisations non-gouvernementales (ONG). Dori, chef-lieu de la région du Sahel, manque constamment de carburant, d’électricité et d’eau.

Les marcheurs dans les artères de Dori.

A la fin de la marche, le gouverneur a proposé de recevoir la plateforme revendicative des manifestants adressée au président du Faso, dans la salle du gouvernorat. Regroupée dans la cour, la délégation des marcheurs, une vingtaine de personnes, a refusé la proposition du gouverneur et a rebroussé chemin sans remettre la lettre de protestation.

« Nous sommes venus pour adresser un mot au chef de l’Etat par rapport à la détérioration du climat sécuritaire et humanitaire dans la région du Sahel. Nous sommes dans une région complètement délaissée et les autorités n’ont aucun œil sur ce qui se passe. Tout manque dans la région du Sahel et nous sommes venus pour dire cela à l’autorité. Malheureusement, le gouverneur ne nous a pas reçus afin de transmettre nos doléances aux plus hautes autorités », s’est indigné Yahaya Dicko, coordonnateur de la marche.

Le coordonnateur de la marche, Yahaya Dicko.

Quant au gouverneur de la région du Sahel, il a répliqué que ce sont les manifestants qui ont refusé de venir sur la table d’échanges. « J’ai toujours été à l’écoute de chaque personne, de tout groupe, de toute la population. J’ai toujours tenu un dialogue franc avec toute la population depuis ma nomination à la tête de la région du Sahel (…). Pour une recherche de solution, c’est inadéquat qu’une autorité se limite à la porte et recevoir une enveloppe sans échanger avec les acteurs. Aujourd’hui, c’est le dernier samedi du mois. Conformément à la recommandation du chef de l’Etat, je devais être à un lieu d’opération mana-mana. J’ai dû stopper toute activité pour les attendre au bureau. Si je suis resté pour les attendre, c’est que j’ai pris la question sécuritaire au sérieux. Je les ai invités à s’asseoir. Comme toute personne qui entre chez quelqu’un, tu lui dois du respect. A mon avis, il ne faudrait pas que quelqu’un me dise que je ne les ai pas reçus. Ils ont refusé d’échanger avec le gouverneur. Ce sont eux qui ont refusé de jouer leur partition ; ce n’est pas moi », a expliqué Rodolphe Fabien Sorgho à la presse.

Notons que la plateforme revendicative des manifestants porte entre autres sur le ravitaillement régulier des zones à hauts défis sécuritaires, la facilitation de l’accès aux produits de première nécessité, la facilitation de la libre circulation des personnes et des biens sur l’axe Dori-Kaya, la levée de l’interdiction de circuler de certains types d’engins motorisés à l’intérieur des chefs-lieux de province de la région du Sahel.

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