Au Burkina Faso, les chercheurs cherchent et trouvent.
Le paludisme et la dengue, deux maladies transmises par des moustiques, constituent des problèmes de santé publique au Burkina Faso. Pour y faire face, des scientifiques burkinabè ont développé un bio-insecticide à base de feuilles de Calotropis procera.
Les résultats de ce projet ont été présentés ce jeudi 8 octobre 2026 à Ziniaré, à l’occasion de l’atelier de restitution et de clôture du projet N°00331 FONRID/AAP3MalaInfect/NCP/PC/2021. Cette rencontre s’achèvera le vendredi 9 octobre.
Intitulé « Développement d’un bio-insecticide à longue durée d’action à base d’extrait de feuilles de Calotropis procera (Ait.) R.Br. (Apocynaceae) contre les vecteurs du paludisme et de la dengue », le projet a été porté par l’Université Joseph KI-Zerbo, à travers le Laboratoire de développement du médicament (LADME).Pendant environ trois ans et demi, l’équipe a étudié l’activité larvicide des extraits de la plante contre Aedes aegypti et Anopheles gambiae s.l., principaux vecteurs respectifs de la dengue et du paludisme.
Les travaux ont également permis de caractériser les extraits sur le plan phytochimique et de mettre au point une formulation de bio-insecticide sous forme de comprimés matriciels.
Selon les chercheurs qui ont travaillé sur ce projet, le produit présente actuellement un taux d’élimination des larves compris entre 80 et 90 %.
L’objectif des chercheurs est de poursuivre les travaux afin de contribuer, à terme, à l’élimination du paludisme et de la dengue, en misant sur la prévention.Au-delà de la recherche, le projet a également mis en avant le savoir-faire scientifique burkinabè. C’est un produit « made in Burkina ». Il repose sur l’expertise locale et est conçu, pour l’essentiel, à partir de matières premières disponibles au Burkina Faso.
L’atelier a réuni des chercheurs, des enseignants-chercheurs et des représentants de structures partenaires. Les échanges ont porté sur les acquis, les difficultés et les limites du projet, mais aussi sur les perspectives de valorisation et de poursuite des travaux.
Désormais, l’enjeu est de rendre le produit disponible et accessible au plus grand nombre, en réduisant son coût.
Les scientifiques ont donc profité de cette occasion pour solliciter l’appui des autorités afin de faciliter sa production.
Le projet a été financé par le Fonds de soutien à l’éducation et à la recherche (FOSER), ex-Fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement (FONRID).











